Editorial
Une nouvelle étape franchie !
Lorsque nous avons créé ce blog il y a un peu plus d’un an, notre objectif était double. Accélérer la prise de conscience qu’il faut sans tarder adapter la gestion des forêts à la nouvelle donne climatique. Et contribuer, en mettant nos propres options et réflexions dans l’espace public, à créer une dynamique permettant de faire progresser les connaissances partagées pour cette adaptation.
Nous faisons évoluer nos orientations de gestion pour une nouvelle période de trois ans et nous mesurons à quel point le sujet a fait son chemin. Dans l’opinion publique, d’une part, et dans notre profession d’autre part.
En effet, le sujet intéresse désormais fortement les médias. Les propriétaires sont toujours soucieux de préserver la longévité et les valeurs des forêts, notamment face aux événements exceptionnels. Les experts sont de plus en plus souvent interrogés. Et les constats après la dernière tempête dévastatrice dans le Sud-Ouest renforcent nos intuitions.
Depuis plus d’un an, le blog de la Société Forestière, ouvert à cet effet, a permis de susciter des réactions par courriers électroniques, sur le terrain ou sur le blog et de nombreuses inscriptions à notre lettre d’information. Vos réactions ont enrichi notre réflexion pour les nouvelles orientations de gestion des forêts. Par ailleurs, les contributions professionnelles sur le sujet sont de plus en plus nourries, même s’il reste encore beaucoup à apprendre. Et la préparation de ces nouvelles orientations a mobilisé nos équipes.
De manière pionnière nous avions affirmé, il vaut mieux agir que ne rien faire, même en contexte de connaissances incertaines. La prise de conscience engagée au sein de la Société Forestière s’était matérialisée par la décision de mise en oeuvre dès 2003 d’un dispositif novateur visant à infléchir notre sylviculture.
Tout ceci a progressé. Nous renforçons et complétons nos six premières décisions par une nouvelle étape dans nos orientations permettant :
1. une approche plus régionalisée des décisions de gestion face au changement climatique.
2. une cartographie des risques et de leur atténuation possible par massif.
3. de compléter la liste des essences de transition et renforcer l’usage de la diversifica-
tion des peuplements.
4. un renforcement de l’attention portée aux sols : conditions d’une meilleure restitution de l’eau stockée et évitement des tassements inutiles lors de l’exploitation.Â
Loin de nous écarter de nos premières options, nous sommes renforcés dans nos convictions :
1. Oui, il est plus raisonnable d’agir que de ne rien faire : le coût du statu quo risquerait d’être plus élevé pour tous.
2. Les évolutions climatiques sont déterminantes. Néanmoins la production, l’adaptation aux marchés, la multifonctionnalité et la biodiversité doivent aussi être prises en compte dans nos décisions.
3. Toutes les évolutions ne s’annoncent pas que négativement : le changement climatique pourrait avoir aussi des effets positifs (moins de grands froids, production accrue …). Et il ne faut pas sous-estimer la capacité des arbres à s’adapter à des situations nouvelles.
4. Pour faciliter la naissance des réponses appropriées aux changements à venir, l’échange avec tous est déterminant.
Aussi merci à tous ceux qui ont contribué à nos réflexions, sur ce blog ou par d’autres voies, aux côtés de la Société Forestière .
Nous continuerons ensemble à construire la nécessaire intelligence collective pour réussir cette adaptation des forêts aux effets du changement climatique !
Le 3 mars 2009.
